Traitement chirurgical d’une infection nodulaire à Oesophagostomum spp. chez un chimpanzé du Centre de Primatologie du CIRMF, Gabon

Publié le 27 mars 2021

Résumé

L’oesophagostomose est une zoonose causée par des nématodes du genre Oesophagostomum dans les parois intestinales de nombreuses espèces, notamment les ruminants, les porcs, les humains et les primates non humains. Bien que les grands singes semblent tolérer le parasite dans la nature, ils peuvent développer une forme clinique pouvant entraîner la mort lors de leurs captivité et dans leurs environnement naturel. Au Centre de Primatologie du Centre International de Recherche Médicale de Franceville (CIRMF) au Gabon, nous avons enregistré 4 décès de chimpanzés (Pan t. troglodytes) causés par Oesophagostomum spp. entre 2015 et 2019. Dans chaque cas, l’analyse coprologique était positive pour les œufs de strongylidés et l’échographie abdominale a révélé des nodules d’environ 4 cm de diamètre sur les parois intestinales et abdominales. Des traitements à l’albendazole administrés par voie orale en deux doses de 400 mg à six mois d’intervalle ont entraîné la disparition du parasite dans les échantillons coprologiques mais les chimpanzés sont tout de même morts. Les autopsies pratiquées sur les quatre chimpanzés ont révélé une rupture des kystes et un écoulement de pus dans l’abdomen dans chaque cas. Nous rapportons une prise en charge chirurgicale impliquant l’ablation de kystes d’Oesophagostomum spp. chez un chimpanzé après une analyse coprologique et une échographie abdominale. L’exploration chirurgicale a confirmé la fragilité des parois kystiques, dont nous avons évité la rupture. Ce 5ème nouveau cas de nodules d’Oesophagostomum ssp. s’est rétabli sans complications suite à l’opération et a pu réintégrer son groupe. Nous suggérons qu’une intervention chirurgicale devrait être envisagée dans des cas similaires chez les primates captifs, en particulier les chimpanzés.

1. Introduction

L’oesophagostomose est une maladie causée par des nématodes parasites appartenant au genre Oesophagostomum, transmis par l’ingestion de larves L3 trouvées dans des aliments ou de la terre souillés. Chez l’hôte infecté, les larves L3 ingérées se développent en vers adultes dont les femelles fécondées pondent des œufs qui sont éliminés dans les selles. Parfois, les larves L3 forment des nodules dans la paroi intestinale. Ce nodule protège le parasite du traitement médical et est à l’origine des symptômes cliniques [1]. Cette pathologie constitue un problème de santé publique humaine et vétérinaire en Afrique sub-saharienne où des milliers d’infections sont enregistrées chaque année [1-3]. Plusieurs espèces d’Oesophagostomum (Oesophagostomum bifrustum, O. stephanostomum, et O. aculeatum) sont communes aux primates, y compris l’homme [4-6]. Les infections par Oesophagostomum spp. chez l’homme sont caractérisées par des symptômes de perte de poids, de douleurs abdominales et de diarrhée [7-9] et des lésions spécifiques avec une pathologie nodulaire sous la forme de plusieurs petits nodules de la taille d’un pois ou de masses non nodulaires, appelées tumeurs de Dapaong [8, 10]. De nombreuses études rapportent la présence de ces parasites chez les chimpanzés, et les chimpanzés captifs semblent être plus infectés que leurs congénères sauvages [1]. A l’exception de quelques rapports de symptômes cliniques sévères [9, 11, 12], les infections sont généralement asymptomatiques [7, 13]. Cette observation peut être due au peu d’informations disponibles sur l’infection en milieu naturel ou au fait que les chimpanzés s’automédicamentent en consommant des feuilles rugueuses qui empêchent une forte infestation et par conséquent des symptômes sévères [7, 14].

Parmi les différents protocoles médicaux, l’albendazole semble être le traitement de choix pour l’oesophagostomose [8, 10, 15]. Cependant, dans le cas des tumeurs de Dapaong chez l’homme, un traitement chirurgical est souvent nécessaire [8]. Au Centre de Primatologie du CIRMF au Gabon, l’infection par Oesophagostomum spp. a causé 4 décès de chimpanzés (Pan t. troglodytes) entre 2015 et 2019 malgré l’utilisation systématique des traitements et des protocoles médicaux recommandés. Nous rapportons ici une prise en charge chirurgicale impliquant l’ablation de kystes d’Oesophagostomum spp. chez un chimpanzé après une analyse coprologique et une échographie abdominale.

2. Présentation du cas et prise en charge

Cabinda, un chimpanzé mâle de 19 ans, est né en captivité et pesait 51,3 kg avant sa maladie. Il vivait au Centre de Primatologie du Centre international de Recherche Médicale de Franceville (CIRMF), dans le sud-est du Gabon, dans un groupe multimâle et multifemelle de 21 individus. En septembre 2019, Cabinda a commencé à perdre du poids avec des épisodes de diarrhée et une perte d’appétit. Il a été isolé pour collecter des matières fécales. Les analyses coprologiques utilisant les méthodes de sédimentation et de flottation [16] ont révélé la présence d’œufs de strongylidés (250 œufs/g de fèces) et l’échographie a révélé la présence de nodules de la taille d’une petite orange (Figure 1) situés sur le tissu mésentérique, le côlon et la paroi abdominale. Un traitement à base d’albendazole (valbazen®) a été administré par voie orale en deux doses de 400 mg à six mois d’intervalle, comme recommandé dans la littérature [3], bien que l’utilisation du valbazen® chez les primates non humains ne soit pas indiquée sur l’étiquette. Un mois plus tard, la diarrhée avait cessé et aucun œuf de strongle n’a été détecté dans les analyses fécales. Cependant, l’état clinique de Cabinda ne s’est pas amélioré, montrant de la léthargie et de l’inappétence. Une échographie a montré les mêmes nodules. Compte tenu de l’expérience antérieure de décès causés par l’abcès nodulaire d’Oesophagostomum spp., le chimpanzé a été anesthésié, des échantillons de sang ont été prélevés dans la veine fémorale pour tester différents paramètres hématologiques et biochimiques, et une intervention chirurgicale a été réalisée.

Figure 1 : Image microscopique d’un œuf de strongylidés représentatif trouvé dans les fèces d’un chimpanzé de Cabinda, de nodules et d’un ver récupéré. (a) Œufs de strongylidés récupérés avec la méthode SF-Mc. (b) Nodules fixés sur le mésentère. (c) Nodule attaché au côlon descendant avec un ver adulte extrait du nodule. (d) Nodule récupéré sur la paroi abdominale.

L’anesthésie a été réalisée (par fléchette ; IM) en utilisant une combinaison de chlorhydrate de médétomidine 1 mg à 27,4 μg/kg (Domitor® ; Orion corporation, Finlande) et de chlorhydrate de kétamine 1 g à 1,0 mg/kg (Ketamine® 1 g/ml, Virbac, France). Une dose de 1,1 ml de Domitor® et 4 ml de kétamine 1 g ® a été administrée. L’anesthésie a été complétée par du Domitor® (0,14 μg/kg) et de la kétamine 1 g (0,5 mg/kg ; IV) pour maintenir un plan anesthésique optimal. L’examen clinique a consisté à mesurer des paramètres dont l’état général, le poids (43,1 kg), la température (37,1°C), l’oscillation, la palpation et la fréquence cardiaque (94 bpm). L’échographie abdominale a révélé 3 grands nodules sur le tissu mésentérique (Figure 1(b)), sur le côlon descendant (Figure 1(c)), et sur la paroi abdominale (Figure 1(d)). Certains nodules de la taille d’un petit pois étaient situés dans la paroi intestinale. Les analyses hématologiques ont montré un faible taux de globules rouges, de globules blancs, d’hématocrite, et un taux élevé de monocytes. La biochimie était dans les limites normales (Tableau 1).

Tableau 1 : Analyses hématologiques et biochimiques sériques pour le chimpanzé Cabinda. Les valeurs de référence sont celles appliquées au Centre de Primatologie du CIRMF (données non publiées sur 650 échantillons provenant de 156 chimpanzés mâles adultes sur 15 ans).

Après la phase de préparation, Cabinda a été réhydraté par perfusion avec des solutions alternées de Ringers lactate® et de Glucose® 5% (250 ml/h pendant 2 heures) administrées à l’aide d’un cathéter 18G. La procédure chirurgicale a consisté à retirer les nodules après une incision abdominale médiane allant du pubis au bord inférieur du sternum. Également connue sous le nom d’incision de laparotomie, cette méthode permet d’accéder aux organes abdominaux. Les trois principaux nodules ont été retirés en raison de leur grande taille. Le premier nodule, situé sur le tissu mésentérique, a été retiré par dissection du tissu et des vaisseaux sanguins ligaturés avec du fil résorbable de polyglactine 910 n° 2 (5 Ph. Eur, VicrylTM®). Le second nodule dans la paroi du côlon descendant a été retiré par incision autour du kyste. La paroi du côlon a été suturée avec un fil résorbable en polyglactine 910 no. 2 (5 Ph. Eur, VicrylTM®) pour éviter les adhérences pendant la cicatrisation. Il a été vérifié que le contenu du côlon ne tombait pas dans l’abdomen. Le troisième nodule a été retiré de la paroi abdominale par dissection.

Les parois des nodules étaient nécrosées et fragiles (Figure 1(d)) et les nodules sur le tissu mésentérique (Figure 1(b)) et le colon descendant, se sont rompus pendant l’opération. Le nodule sur la paroi abdominale a été entièrement retiré (Figure 1(d)). Chacun des 3 grands nodules contenait un ver mais tous étaient morts (Figure 1(c)). L’abdomen a été nettoyé avec du liquide de Ringer Lactate et suturé à l’aide de la suture n° 2 en polyglactine 910 (5 Ph. Eur, VicrylTM®). La méthode du surjet a été utilisée pour suturer les muscles abdominaux et des points simples pour suturer la peau.

La gestion postopératoire de Cabinda comprenait des antibiotiques (amoxicilline, Duphamox LA®) à 15 mg/kg de masse corporelle et un analgésique (buprénorphine, Vetergesic®, Inject Care Parenterals) à 15 μg/kg de masse corporelle. Un traitement de relais a été administré 48 heures plus tard avec de l’amoxicilline/acide clavulinique (Augmentin®) 40 mg/5 mg/kg par jour en trois doses pendant une semaine et de l’ibuprofène 400 mg (Advil®) en deux doses pendant trois jours. Cabinda s’est bien rétabli et aucune complication n’a été notée. Après deux jours d’alimentation liquide, il a repris une alimentation normale et a présenté un bon état général. Lors d’un contrôle, deux mois plus tard, il pesait 53,20 kg.

3. Discussion

L’œsophagostomose est une maladie décrite chez plusieurs espèces de primates dont l’homme [1, 17]. Chez les chimpanzés, aussi bien à l’état sauvage qu’en captivité, cette maladie est marquée par différents degrés de pathogénicité dont une perte de poids, une perte d’appétit, une diarrhée et la mort dans certains cas [1, 7, 12, 18]. Certains auteurs mentionnent l’ingestion de feuilles rugueuses chez les primates sauvages pour expulser les parasites et prévenir les infestations graves [1, 7], et le stress lié à la captivité pourrait également expliquer en partie les différences de tolérance aux infections à Oesphagostomum spp. entre les animaux sauvages et captifs.

L’albendazole est le traitement de choix chez l’homme et les autres primates pour le traitement médical des infections à Oesophagostumum [8, 10]. Les schémas thérapeutiques sont variés mais de nombreuses études recommandent le protocole utilisé dans ce cas : 400 mg en deux prises à six mois d’intervalle [1, 3]. Cependant, depuis 2015, malgré l’utilisation systématique de ce protocole sur 68 primates infectés (Mandrillus sphinx (N=26), Cercopithecus cephus (N=4), Cercopithecus nictitans (N=6), Macaca sp. (N=13), et chimpanzés (N=19)), nous avons enregistré 4 cas de décès chez 6 chimpanzés présentant de gros nodules d’Oesophagostum spp. détectés par échographie alors que les analyses coprologiques réalisées après traitement étaient négatives pour les œufs de strongylidés. En revanche, 13 chimpanzés présentant des kystes de la taille d’un pois ont recouvré la santé après le traitement. Aucune autre espèce infectée n’a développé de gros kystes. Ces observations confirment (i) la sensibilité des chimpanzés à l’infection par Oesophagostum spp. et montrent que l’albendazole est efficace sur les parasites non enkystés et les petits kystes mais inefficace sur les parasites protégés dans les gros nodules. Le traitement médical seul ne serait donc pas suffisant lorsque les nodules sont de grande taille. (ii) A un stade avancé de développement, il est possible que le parasite meure dans le nodule mais les parois des nodules sont si fragiles qu’elles se rompent même après la mort du parasite. Cette hypothèse est soutenue par les observations selon lesquelles les vers adultes que nous avons trouvés dans les kystes de Cabinda étaient morts (Figure 1(c)), mais les parois des nodules étaient nécrosées et si fragiles (Figure 1(d)) qu’elles se sont rompues pendant l’opération (Figure 1(d)). En outre, lors des autopsies, nous avons trouvé des nodules rompus chez trois chimpanzés morts entre 2015 et 2019. Comme le pus est produit par des organismes pyogènes [19], la fuite de pus dans l’abdomen peut entraîner la libération de toxines ou provoquer une septicémie ou un choc anaphylactique conduisant à la mort [20]. (iii) La taille des nodules peut constituer un obstacle au transit intestinal, ce qui peut également entraîner la mort [1].

Ainsi, dans le cas de Cabinda, bien que les analyses coprologiques aient été négatives après le traitement et que l’hématologie n’ait montré que des changements légers, il y avait un risque d’abcès et de rupture du nodule ; par conséquent, le traitement chirurgical a été choisi. La combinaison du traitement médical et chirurgical a permis d’obtenir une résolution clinique complète. Le traitement par chirurgie a été motivé par le fait que, chez l’homme, le traitement de l’oesophagostomose est également chirurgical dans les cas de tumeurs de Dapaong [8]. Ainsi, contrairement aux quatre autres chimpanzés décédés, les résultats obtenus pour Cabinda sont encourageants. Il a retrouvé son appétit, un bon état général, et sa masse corporelle est passée de 49,9 kg à 53,2 kg en seulement deux mois après l’opération. Aujourd’hui, il a retrouvé son groupe et mène une vie normale. Aucune complication n’a été signalée.

Les infections à Oesophagostum spp sont fréquentes au centre de primatologie du CIRMF et 5 cas de pathologie nodulaire, dont 4 décès, ont été enregistrés depuis 2015. Un programme préventif consistant en un traitement systématique par albendazole 400 mg (Valbazen®) tous les 6 mois [3] a été mis en place. De plus, des analyses coprologiques pour la recherche d’œufs de strongylidés seront réalisées automatiquement tous les trois mois. Les sujets positifs pour les œufs de strongles recevront une nouvelle dose d’albendazole (Valbazen®) et de nouvelles analyses coprologiques seront effectuées. La combinaison de ces mesures devrait permettre de réduire la forte prévalence d’Oesophastomum spp. dans le centre et surtout de prévenir la pathologie nodulaire.

4. Conclusion et recommandations

Cette expérience nous amène à recommander, pour les primates captifs et les chimpanzés en particulier, l‘extraction chirurgicale des nodules d’Oesophagostumum en complément d’un traitement médical lorsque les nodules sont de grande taille. Par ailleurs, en raison de la nature zoonotique de l’infection et de la relation phylogénétique étroite entre l’homme et les grands singes qui entraîne des possibilités d’échanges parasitaires [21], une échographie est systématiquement recommandée lors des bilans de santé des personnels travaillant avec les primates ou vivant dans des zones à risque, lorsque les analyses coprologiques sont positives pour les œufs de strongles.

Approbation éthique

Aucune expérience n’a été réalisée sur des humains ou des animaux pour cette étude. Les auteurs déclarent avoir suivi les protocoles de leur centre de travail (CIRMF) sur le contrôle de la santé des animaux tels que recommandés par PASA (Pan African Sanctuary Alliance).

Conflits d’intérêts

Les auteurs ont déclaré qu’ils n’ont pas de conflits d’intérêts.

Remerciements

Nous remercions l’équipe du centre de primatologie qui s’est occupée des primates. Ce travail a été financé par le Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF, Gabon).


Auteurs

Article par Barthélémy Ngoubangoye, bénévole de l’association, 1,2,3 Larson Boundenga, bénévole Save Gabon’s Primates,1 Serge-Ely Dibakou, bénévole Save Gabon’s Primates, 1 Thierry-Audrey Tsoumbou, bénévole Save Gabon’s Primates,1 Cyr Moussadji Kinga, bénévole Save Gabon’s Primates,1 Franck Prugnolle, 4 David Fouchet,2,3 et Dominique Pontier 2,3

  1. Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF), BP 769 Franceville, Gabon
  2. Université de Lyon, Université Lyon 1, CNRS, Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive UMR 5558, 69622 Villeurbanne, France
  3. LabEx ECOFECT, Eco-evolutionary Dynamics of Infectious Diseases, University of Lyon, France
  4. Laboratoire MIVEGEC; UMR-CNRS 5290-IRD 224, IRD Montpellier, France

Traduction par Chloé LOZANO, bénévole Save Gabon’s Primates


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