Restructuration des quarantaines : phase 1

Qu’est-ce que la quarantaine ?

La quarantaine est une phase d’isolement obligatoire par laquelle passent tous les nouveaux pensionnaires du Centre De Primatologie (CDP) du CIRMF. Lorsque nous saisissons un primate détenu captif, nous ignorons son statut sanitaire et ne pouvons donc pas le mettre en contact avec d’autres pensionnaires du centre pour former un groupe en vue de sa réhabilitation. Nous mettrions tous en danger.

Cette phase de quarantaine peut durer jusqu’à trois mois en fonction de différents paramètres (antécédents sanitaires, espèce, âge, résultats intermédiaires, etc.). Elle correspond à un isolement strict particulièrement éprouvant pour les primates qui sont des animaux sociaux et sont désorientés à leur arrivée au CDP.

Actuellement, les quarantaines se déroulent dans les anciens bâtiments expérimentaux du centre qui n’offrent aucun contact avec le milieu extérieur : Ni sons, ni lumière naturels n’y pénètrent. L’isolement, l’ennui et la perte de repères peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’animal, dont l’équilibre peut être irréversiblement modifié et qui peut développer des comportements anormaux et délétères.

En quoi consiste la nouvelle quarantaine 

Cette nouvelle installation vient illustrer l’accompagnement que fourni Save Gabon’s Primates depuis 2019, au CDP dans sa transformation en Centre de réhabilitation. En effet, tournant la page de l’expérimentation invasive, le CDP est dorénavant tourné vers la conservation au travers d’une démarche de réhabilitation des anciens sujets de laboratoire et des rescapés du braconnage.

Le projet consiste à récupérer les plus grandes cages du centre – autrefois dédiées à l’expérimentation – les démonter et les réinstaller en extérieur sur une dalle bétonnée. Si nous nous désolons de devoir encore utiliser des cellules, le symbole reste fort. Ces cages qui constituaient autrefois la dernière résidence des animaux utilisés dans la recherche, deviennent aujourd’hui la première étape du retour à la nature, pour les individus détenus captifs dans des foyers.

Ainsi, cette quarantaine extérieure doit permettre un meilleur accueil des nouveaux pensionnaires en réduisant le stress lié à l’environnement clos des quarantaines effectuées en bâtiments. Le bien-être et l’éthologie des individus pourront dorénavant mieux être pris en compte d’autant qu’elles ont vocation d’être améliorés. Sortir les cages des bâtiments est le premier pas vers la restructuration de nos quarantaines et nurseries.

Dans un deuxième temps, ces cages de quarantaine se verront entourées de métal déployé, afin de permettre le contact avec le soigneur en évitant les risques sanitaires et de sortie. Cette disposition permettra également d’offrir aux individus isolés, une cour de récréation, en contact direct avec le sol naturel, avec des structures pour l’apprentissage de leurs comportements naturels.

Save Gabon’s Primates prévoit aussi la restructuration de ses quarantaines en intérieur offrant des équipements de nurserie et un meilleur suivi éthologique des individus. Ces projets, urgents et cruciaux pour toute l’association, sont en cours de développement et en recherche de financement.

Vous souhaitez vous impliquer sur l’un de ces projets ?


Par Mélanie Foutrel, chargée de communication, bénévole Save Gabon’s Primates