Pourquoi il ne faut pas avoir de singe domestique

Bébé chimpanzé, petit moustac coloré, cercopithèque à queue de soleil docile, autant d’offres que l’on peut trouver sur le marché et qui nous donnent envie d’avoir un singe domestique.

Nos motivations, encouragées par bon nombre de vidéos sur les réseaux sociaux, sont diverses : sauver ce bébé d’une mort certaine ou adopter ce singe tout mignon comme compagnon de vie. Pourtant le résultat est toujours le même ; nous sommes tous les deux perdant.e.s.

Le mal-être du singe

Les primates non-humains sont des animaux sauvages qui vivent majoritairement en groupe avec leurs congénères. Isoler un individu de son groupe, c’est le priver de sa famille et de toutes les interactions sociales qui contribuent à son épanouissement. Même si le singe est gardé « en liberté », il est coupé de son environnement naturel ; Ce qui nuit à sa santé et à son développement. Enfin, les individus arrachés trop jeunes à leur mère, ce qui est souvent le cas chez les chimpanzés, connaissent d’important retards de développement. Ils présentent des troubles sévères, même une fois à l’âge adulte et peuvent en mourir.

Les risques pour les humains

Le danger létal est à double-sens. Adopter un animal sauvage c’est aussi exposer son entourage et soi-même à tous les risques de zoonoses. Les maladies zoonotiques sont les maladies qui peuvent se transmettre de l’animal à l’humain et vice-versa. Parmi les zoonoses on pourra citer l’exemple de la fièvre hémorragique Ebola, transmise par les chauves-souris ou le virus covid-19 probablement hérité du pangolin. Ce risque de zoonose est particulièrement élevé entre le singe et l’humain, du fait de nos proximités génétiques (plus de 98% de ressemblances entre les génomes du chimpanzé et de l’humain). Il faut aussi compter les risques liés au comportement des primates non-humains. Souvent adoptés très jeunes, les singes grandissent et peuvent devenir très forts. Les chimpanzés par exemple, adoptés bébés, commencent à présenter une force surhumaine dès l’âge de 3 ans. Lors de parties de jeux, ils peuvent sérieusement blesser les humains avec lesquels ils vivent. Arrivés à l’âge adulte, un chimpanzé est capable de broyer un crâne humain.

Enfin, il est important de noter que la vente, l’achat et la détention d’un primate non humain est illégale au Gabon. Ces comportements exposent le contrevenant à des sanctions allant de l’amende à la peine de prison (en cas de récidive).

L’impact pour l’environnement

La conservation de la biodiversité est un enjeu vital pour l’espèce humaine. En effet, dans l’équilibre écosystémique, chaque espèce est importante. Les primates non-humains, en milieu sauvage, sont d’excellents disséminateurs de graines. Ils jouent un rôle clé dans la préservation de nos forêts. Le Gabon, couvert à 80% de forêt tropicale, est un joyau pour l’équilibre naturel mondial et son potentiel doit être préservé. Malgré les mesures gouvernementales prises pour la protection des forêts primaires et des espèces qu’elles renferment, le Gabon connait un effondrement de ses populations simiesques, divisées par deux en 20 ans. A l’origine de ce massacre on distingue deux principales causes : la dégradation de l’environnement et le braconnage.

Que faire si je suis témoin de la vente ou de la détention d’un singe ?

Acheter un singe c’est encourager le braconnage à l’origine de l’effondrement de ses populations. Garder un primate non humain en captivité, c’est anéantir ses chances de réhabilitation et bafouer ses capacités reproductrices essentielles pour la conservation des espèces.

Pour soutenir la biodiversité et offrir aux singes un meilleur avenir, vous pouvez signaler par téléphone ou par email la vente ou la détention d’un primate non humain. Save Gabon’s Primates, en coopération avec le Ministère des Eaux et Forêts se chargeront d’effectuer la saisie. Les individus saisis seront ensuite envoyés au Centre De Primatologie du CIRMF où ils passeront des tests sanitaires avant d’être intégrés à un programme de réhabilitation.

Ensemble, nous pouvons agir pour notre pays, pour notre planète et pour tous les primates non humains.

Pour nous contacter :
(+241) 066 97 60 44
(+241) 077 24 02 81
contact@savegabonsprimates.org


Article rédigé par Mélanie Foutrel, bachelor en communication, bénévole de l’association, infographie par Lucie Marchais, Master 2 Environmental managment and sustainable development, bénévole de l’association