Luca, rescapé du braconnage

Le parcours de Luca, jeune mandrill (Mandrillus Sphinx) dont la vie a été préservée grâce au concours du ministère des Eaux et Forêts, du Centre de Primatologie du CIRMF et de Save Gabon’s Primates.

Les soins vétérinaires

Après 2h30 de chirurgie, nous avons réussi à sauver Luca menacé par la gangrène. Le jeune mandrill a été saisi par le ministère des Eaux et Forêts auprès d’un braconnier qui l’avait capturé à l’aide d’une méthode formellement interdite : le collet. Le piège s’était refermé sur son pied et d’après son état, le chasseur a dû le garder blessé, sans soins, au moins 5 jours.

Ses dents étaient également très abîmées, résultat de sa lutte pour se libérer.

Son pied avait doublé de volume. Il n’était plus irrigué et présentait de nombreux abcès. Nous avons fait notre maximum pour conserver le genou de l’animal. Cela afin qu’il conserve un appui et une articulation et qu’il puisse se réinsérer au sein d’un groupe normalement.

Sur ce point, nous avons bon espoir car Luca est un jeune mandrill. Il devrait rapidement s’habituer à l’absence de son pied, comme cela s’observe parfois chez certains singes mutilés en milieu naturel.

Par contre, les cas d’amputation avec gangrène sont particulièrement délicats. Chez l’homme on estime le taux de réussite d’une amputation avec gangrène à 20%. Les soins post-opératoires sont longs car l’amputation est un acte très lourd pour le corps et la gangrène peut s’étendre aux cellules saines.

Luca le vaillant

Une fois passée la phase d’isolement et les tests sanitaires obligatoires – alors qu’il s’apprêtait à rejoindre un groupe de mandrills – Luca nous a prouvé qu’il s’était déjà parfaitement habitué à son membre manquant. En effet, lors d’un nettoyage de sa cage d’isolement, il réussit à s’échapper. Après plusieurs jours d’absence, de recherches et d’inquiétude pour notre équipe, Luca a réapparu : il était rentré de lui-même aux enclos, s’insérant progressivement auprès d’un groupe de congénères. Il est très probable qu’il se soit aperçu que l’accès aux enclos était synonyme de cantine quotidienne et de sociabilisation.

L’utilisation de collets

Les collets sont généralement des pièges en laiton dont le but est d’attraper des petites proies par le cou. Ils ont souvent un arrêtoir pour éviter la strangulation afin de récupérer l’animal vivant. Ils sont malheureusement facilement réalisables avec des matériaux résistants.

La loi gabonaise interdit cette chasse à l’aide de piège métallique et de collets en câble d’acier (art.215 du code forestier).

Save Gabon’s Primates appui cette loi et condamne fermement cette utilisation. Les collets sont des pièges cruels car les animaux agonisent souvent des jours dans de terribles souffrances (mutilation et étranglement notamment). Ils sont aussi non-sélectifs : ils sont responsables de la prise de nombreuses espèces protégées indistinctement de celles qui ne le sont pas. Le piège au collet n’est pas un acte de chasse mais un acte braconnier. Si vous en voyez, signalez-les.

Save Gabon’s Primates
(+241) 066 97 60 44
(+241) 077 24 02 81
contact@savegabonsprimates.org


Article rédigé par Mélanie Foutrel, bachelor en communication, bénévole de l’association et Lucie Fehrnbach Gelin, assistante vétérinaire, bénévole de l’association