Club de Primatologie #5 : L’or Bleu

5 mars 2020

Visionnage du documentaire
« En Bref : la crise mondiale de l’eau »

et

Présentation sur l’eau et développement du cas du Gabon

suivi d’un débat et d’un moment convivial.

Introduction : Pourquoi une projection sur l’eau au Club de primatologie ?

Défendre l’environnement, c’est défendre la cause animale et donc les primates. Si nous ne préservons pas les écosystèmes, comment pourrions-nous réintroduire les primates non-humains (ce qui pour rappel est la finalité de notre association) ? Les singes actuellement captifs sont dépendants de l’humain pour leur survie. Si le primate humain n’est pas apte à répondre lui-même à ses besoins, qu’adviendra-t-il du reste des primates ?

Si le pays vient à ne plus avoir suffisamment d’eau pour combler ses besoins primaires, qu’en sera-t-il des primates ? L’idée est de prévenir, d’informer pour ne pas arriver à ce point de rupture.

Se mobiliser pour l’eau c’est une première action individuelle de pression pour l’environnement. S’informer et se mobiliser sont deux clés essentielles pour modifier notre rapport au monde.

Arriver à reconnaitre notre dépendance à ce précieux liquide, c’est un pas vers la reconnaissance de notre dépendance au monde naturel. Nous ne sommes pas supérieurs, nous dépendons de notre environnement naturel, au même titre que le reste des primates. Nous, qui avons conscience de ces changements, nous nous devons d’agir pour en prendre soin.

L’objectif du Club de primatologie est de sensibiliser au respect des primates. Cela ne peut se faire qu’en apprenant à respecter les êtres vivants et leur environnement à travers la connaissance. C’est un travail de longue haleine qui repose sur un changement de mentalité et une évolution de la place accordée à la nature.

Projection du film documentaire

Visionnage du film documentaire « En bref : la crise mondiale de l’eau » disponible sur Netflix.

Présentation : l’eau, patrimoine commun du vivant

Eau rage, eau des espoirs ! #DATAGUEULE 67

La planète bleue, composée à 70 % d’eau[1] donne l’impression d’une ressource infinie alors que, comme il est dit dans ce documentaire, seulement 1 % de cette eau est utilisable pour la consommation de l’humain (97 % est salée, 2 % piégée dans les glaciers). Bien que pour 30 % de la population mondiale l’accès à l’eau potable est encore un combat[2], pour 7 personnes sur 10 il suffit d’ouvrir le robinet pour y accéder (ici aussi malgré les coupures du réseau).

L’eau, plus que n’importe qu’elle autre ressource après l’air, est nécessaire à notre survie. La nécessité de boire vient avant celle de se nourrir. Alors qu’il faut de l’eau pour en produire, elle, est une ressource finie. On ne peut pas produire de l’eau.

C’est une ressource que l’on ne crée pas mais que l’on partage, que ce soit entre continents, pays, villes ou villages mais également entre espèces.

L’eau est une ressource essentielle : y avoir accès est une condition indispensable de la survie humaine. Elle a donc joué un rôle central également sur le plan culturel. Elle est à l’origine d’un ensemble de mythes (elle aurait créé, par exemple, la distinction entre les peuples de l’intérieur et ceux de la côte atlantique).

L’eau influence la culture comme l’activité humaine. Changer sa relation à l’eau et les pratiques qui l’entourent, c’est également modifier sa culture et son rapport au monde.

Et le Gabon là-dedans ?

Situation

  • Couvert à 85 % de forêts
  • Importante pluviométrie de 2 à 4 mètres de précipitation/an
  • Climat équatorial humide
  • Vaste réseau hydrographique (marqué par de nombreux cours d’eaux : lagunes, fleuves, rivières, lacs).

Pour citer :

  • L’Ogooué : 72 % du territoire national – 215.000 km2
  • Nyanga : 8,5 % du territoire national
  • Ressources hydriques = un atout économique majeur pour le Gabon

MAIS ces ressources sont très mal valorisées

Entendu dans le documentaire

« Les investisseurs voient dans ce verre de l’or liquide »

extrait du documentaire EN BREF, La crise mondiale de l’eau

« L’eau sera le pétrole du 21ème siècle »

extrait du documentaire EN BREF, La crise mondiale de l’eau

La SEEG (Société d’Energie et d’Eau du Gabon)

La SEEG détient le monopole de la distribution de l’eau et de l’énergie au Gabon. Ce groupe est privatisé depuis 1997 en grande partie par le groupe français Veolia Eau[3], à hauteur de 50 %.

Problèmes liés à la distribution de l’eau potable [4]

Accès à l’eau potable : 30% de l’humanité exclue
  • Les très fortes demandes (urbaines et de certaines zones rurales urbanisées) ;
  • Une quantité produite insuffisante pour répondre à la demande[5] ;
  • L’évacuation des eaux usées et des effluents industriels non traités dans les cours traversant certains quartiers sous-intégrés ;
  • La prolifération de plantes aquatiques comme la jacinthe d’eau douce, les herbes aquatiques, et l’insuffisance des opérations techniques destinées à lutter contre cette végétation envahissante ;
  • Le manque d’équipement technique pour fournir de l’eau potable sur l’ensemble du territoire national ;
  • Le nombre insuffisant et l’inefficacité des institutions publiques et privées qui s’occupent de l’eau ;
  • L’insuffisance de projet d’investissement dans la mise en valeur de la ressource en eau ;
  • La volonté des hommes et des femmes politiques qui prennent des décisions ayant une influence directe sur le choix des pratiques ;
  • Le manque de suivi et d’entretien des équipements acheminant l’eau ;
  • La forte consommation des eaux précaires (non traitées) par les populations locales avec des graves conséquences sur la santé (paludisme, diarrhée, trypanosomiase, etc.) ;
  • Maladie diarrhéique : toujours dans les 10 causes de mortalité dans le monde (deuxième cause de mortalité chez l’enfant de moins de 5 ans) ;
  • La pollution issue de comportements de villageois qui font la vaisselle et la lessive, qui prennent leurs bains en amont des bassins de rétention d’eau ;
  • Le manque de campagne d’information, d’éducation et de communication, qui vise à faire prendre conscience, à modifier le comportement des populations ;
  • La déforestation des bassins versants des zones de protection de la ressource en eau : cela entraine l’érosion du sol et augmente le processus d’envasement[6] des ouvrages techniques implantés sur les cours d’eau ; voire la pollution par les métaux lourds tels que le plomb et le mercure contenus dans le sol lessivé ;
  • La contamination – dans les zones de protection – de la ressource en eau par les résidus et les déchets chimiques solides et liquides, issus de l’élevage ou de la pisciculture ;
  • L’agriculture itinérante sur brûlis le long des berges des cours d’eau et dans les zones de protection de la ressource en eau pose également des problèmes de pollution par les métaux lourds.

>> Une évaluation environnementale de la gestion de l’eau au Gabon semble nécessaire pour répondre aux problématiques soulevées ci-dessus et prendre les devants sur celles encore non soulevées. <<

Le cas de traitement des eaux à N’toum

Rejet de boues mélangées aux produits chimiques (chlore, arsenic, soude, acide sulfurique, etc.).
Il faut rappeler que la production et la distribution de l’eau potable est une industrie lourde à part entière. Peu d’études sont réalisées sur leur impact environnemental. Le site pilote de N’toum a permis de planifier les besoins en eau de la grande agglomération urbaine de Libreville et ses environs immédiats soit plus ou moins 600 000 personnes. On estime qu’elle pourra couvrir la demande en eau potable durant une période de quinze ans. Mais la ville est en expansion démographique constante…

C’est un fait, la demande d’accès à une eau potable est en augmentation croissante alors que son accès est amené à se faire de plus en plus rare. Lutter pour un accès à l’eau potable doit se faire en parallèle d’une considération et valorisation de ce liquide précieux.

Débat

[La dépendance du Gabon aux autres pays pour sa survie alimentaire est également alarmante. Imaginer que face à une crise de l’eau s’en suivrait une crise alimentaire où les importations se retrouveraient interrompues. La survie des primates du centre dépend également en partie des imports. L’urgence est de devenir autonome en termes d’accès à l’eau mais également en termes d’autonomie alimentaire, c’est-à-dire, soutenir le développement d’une agriculture responsable]

Que puis-je faire à mon échelle ?

  • Continuer à m’informer
  • En parler autour de moi
  • Prendre position et m’investir dans l’espace public
  • Diminuer ma consommation d’eau
  • Consommer différemment
  • Réparer les différentes fuites d’eau dans mon habitation, lieu de travail, etc.

CONCLUSION

Comme il est expliqué au début de la présentation, l’eau ne se produit pas, elle se partage. Changer ses représentations et sa pratique autour de cette ressource est un enjeu pour soi ainsi que pour son environnement et tout le vivant qui l’habite.


Sources

http://www.rfi.fr/fr/emission/20160127-gabon-rumeur-panique-concernant-qualite-eau-robinet-societe-population ; consulté le 25/02/20

http://www.gabonews.com/fr/actus/societe/article/libreville-l-eau-de-la-seeg-pose-probleme, consulté le 28/02/20

https://www.acme-eau.org/Penurie-d-eau-au-Gabon_a117.html, consulté le 28/02/20

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/the-top-10-causes-of-death, consulté le 28/02/20


Notes et références

[1] Vidéo #DataGueule Eau rage, eau des espoirs

[2] Vidéo Le manque d’accès à l’eau potable

[3] La situation semble déjà délicate et poser problème quand on voit le nombre de pages internet qui ne sont pas consultables depuis le Gabon

[6] Envasement : s’envaser, c’est-à-dire, être obstrué par la vase