Club de Primatologie #2 : L’éthologie

30 avril 2019

Diffusion du film documentaire Koko, le gorille qui parle,
Barbet Schroeder, 1978
suivie de la présentation du protocole d’enrichissement de Coralie Lechat, étudiante en éthologie


Koko le gorille qui parle

A l’origine de ce film-documentaire, il y a les travaux de la chercheuse Francine Patterson « Penny », menés avec la femelle gorille Koko, née en captivité au zoo de San Francisco. La doctorante en psychologie mène un projet d’études comparées du mécanisme de la connaissance et du langage chez les humanoïdes lorsque Barbet Schroeder fait sa connaissance. Le réalisateur souhaite monter une docu-fiction dont Koko et Penny seraient les héroïnes. Mais en observant Koko et la complicité qui s’est créée entre nos deux protagonistes, Barbet oublie sa fiction pour relater cette relation si particulière qu’il observe.

Au moment du documentaire, Koko a 7 ans et apprend depuis son plus jeune âge le langage des signes américain (ASL) avec sa tutrice Penny. Elle connaît alors 350 signes et en comprend près de 500.

L’ambition de Penny va au-delà de la compréhension de la gorille, elle souhaite in fine, que Koko devienne ambassadrice des gorilles auprès des humains.

Au cours du film, on peut suivre les progrès de Koko et la voir très concrètement parler avec la doctorante en ASL. En plus de comprendre et de parler des éléments de la langue des signes, le gorille comprend l’anglais oral et va même jusqu’à inventer des gestes pour désigner des mots qu’elle a entendu en anglais et qu’on ne lui a pas appris en ASL. Progressivement, le réalisateur du documentaire va même nous montrer que Koko exprime ses désirs mais aussi des sentiments. Elle exprime notamment son désir d’enfant ou encore sa tristesse lorsque « son » chaton décède suite à un accident.

Koko, le gorille qui parle marque un tournant dans la perception des grands singes par le grand public.

Si le film a fait couler beaucoup d’encre dans la presse, d’autres chercheurs ont tenté d’apprendre le langage par les gestes à des primates. On citera Yerkes, les Hayes, les Gardner ou encore le Dr Fouts, présent dans le documentaire et qui appris le langage des signes à des chimpanzés.

Éthologie : présentation du travail d’enrichissement d’une étudiante en éthologie

Qu’est-ce que l’éthologie ?

Si à l’origine, l’éthologie désignait surtout l’étude des mœurs humaines, elle a peu à peu pris son sens plus large d’étude des comportements des espèces animales. Cette science s’intéresse aux traits comportementaux communs et constants parmi tous les individus d’une même espèce et permet de mieux observer les comportements individuels et les facteurs qui les induisent.

Quelle est sa place au Centre De Primatologie du CIRMF ?

Grâce aux données éthologiques, les professionnels Centre de Primatologie peuvent améliorer les conditions de vie des pensionnaires grâce à 4 formes d’enrichissement :

Chacun de ces enrichissements doit être adapté à l’espèce concernée ainsi qu’à l’individu lui-même. Il est contraint par le type d’hébergement des primates qui doit parfois répondre à des normes sanitaires strictes qui appauvrissent cet environnement.


Intervenants

Dr Sophie Ndjangangoye Gallino, Ingénieure de recherche, Docteure en sociologie, spécialisée dans les relations anthropozoologiques

Mme Coralie Lechat, étudiante en éthologie, bénévole Save Gabon’s Primates


Liens

Koko le gorille qui parle : https://www.youtube.com/watch?v=Ao3Ny27mkyY

Décrypter le documentaire :  http://www.transmettrelecinema.com/film/koko-le-gorille-qui-parle/#video

Fiche élève CNC :  https://www.cnc.fr/documents/36995/151774/Koko%2C+le+gorille+qui+parle+de+Barbet+Schroeder.pdf/803ebeeb-fcb4-d38b-c122-dab98a380a13